La lave du déchirement

by arciense

Quand je regarde en face cet être que je deviens, petit à petit, sans le savoir,  le concevoir, ou même l’admettre, c’est un sentiment de déchirement qui me pénètre.

Je suis vide, brisée. Mon esprit tourne autour de lui-même dans cette cadence fantomatique, basique, seule, unique, et vraie. Je ne me suis jamais autant détachée de ce que je suis j’étais.

Je me suis entourée d’épines venimeuses. Chaque chose que je touche, regarde, sens ou inhale prend un aspect réel, jamais ressenti auparavant. Je n’ai jamais été aussi réelle, aussi réellement, dûment, et authentiquement présente dans cette conceptualisation humaine, mais un tantinet ridicule qu’on se tient du monde, si solidement de cet autrui, de l’existence, et de soi-même.

Je me demande parfois si les cafards sont les seuls êtres vivants à avoir de l’affection pour la personne qu’il m’arrive d’être, et que je continue d’être, de façon obtuse, navrée, dubitative, et humiliée.

Et si les choses étaient moins compliquées que cela?

La mort de ces enchevêtrements haïs de partout, mais chéris par mes curiosités veinées et accablées de ne pas savoir devant mes yeux est un sépulture dont je fais toujours le baptême, inconsciemment.

Aujourd’hui, tout ce que je sais, c’est que je ne sais pas.

Il n’y a absolument aucune possibilité de m’effondrer devant le monde, pour qu’il ressente une pitié forcée, obnubilée par les démonstrations affectives, affairées, hâtives et irréelles. Je me tiens debout devant mon propre miroir, éclaboussant toutes ces peines en larmes, en cris fortement silencieux, et que seules mes prières peuvent habilement transmettre.

Seule, c’est le seul mot que je trouve à dire, le mot le plus merveilleusement pathétique qui puisse dépeindre de façon majestueusement et luxueusement décente cette agonie que je me trouve cracher hasardeusement aujourd’hui avec un stylo, des larmes, des mélodies, des prières et des idées. Celles qui introduisent en toi le venin le plus dangereux.

L’opium de la vie haletante et vainement engloutie, de façon nonchalante.

Dans le désespoir le plus déchu, je m’abandonne aujourd’hui à la vérité, mettant fin à tous les fantasmes, les beautés voilées, crevées et magistralement dissimulées sous un sourire, une chanson, une parole ou un regard.

Je dis aujourd’hui, je ne suis point aimé. Ce sera mon adagio

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