Arciense

Fahrenheit 9/11

Publié par : arciense le : 16 décembre 2009

Nous ne parlons pas de cœurs brisées. Non, nous ne parlons pas d’un amant trahi. Il est question de guerre.

Au fond de ce auquel je ne trouverais jamais de nom, jamais de qualificatif s’étendent des cadavres de rage et des tombeaux fabriquées de cette soumission fatiguée maintenant.
Je vois de mes yeux la peine bestialement triviale dans un écran. Difficile serait-il d’immobiliser les tempêtes possédées de ce que je suis et de tout ce que je pourrais être en ce moment.
La maman, on lui a arrachée son enfant innocent.
L’odeur de la mort asphyxie cette sale salle dont les murs les plus solides fondent dans les pleurs.
Les photos crient et je ne pourrais égorger leurs hurlements car ils étranglent  mes entrailles effrayées.
Ma mémoire chétive boit les intarissables rivières de sang que je vois, et dévore les têtes et pieds par ci par là..
Dans un camion les corps jetés. Quoi de plus cruel? Quoi de plus fou? C’est la guerre.

Lalla Aicha

Publié par : arciense le : 2 décembre 2009

Nombreuses sont les femmes comme Lalla Aicha d’Ahmed Sefrioui. Le stéréotype idéal de la femme marocaine trahie. Je parle de celles qui crient le dépit sans répit dans le silence infini de cette noblesse dont les masques s’éparpillent ici et là. Ceux-ci tellement fatigués d’offusquer absurdement une vérité indéniable finissent vieux et malades.

Dans leurs djellabas usées devenues des guenilles maintenant se voit le manque qu’a provoqué un abandon bien grand .
Lalla Aicha se dénude et jète ses biens à celui qui la jètera. Ingrat !

Tout comme Eugénie Grandet de Balzac, Elle crut le loup qui ramassa les sous et la délaissa telle une terre riche cultivée puis quittée nue devant un soleil cuisant.

Ses lamentations seront des fragments nageant dans les larmes et de sang. Car sera brisé son pauvre cœur, la souilleront les remords et la tueront les repentirs.

Il est difficile, dit-on de naître misérable et de de mourir misérable. Le supplice est de naître dans les richesses traitresses et trépasser en criant famine au fond de ces mines .

La leçon sera apprise quand il sera trop tard . Par un matin cela l’assommera, les yeux elle ouvrira puis les croira parce que cela est cela .

Oui, parfois la vie cache quelque surprise venimeuse et crache un vilain “C’est comme ça “

Et voilà.

La fille et l’arbre

Publié par : arciense le : 29 novembre 2009

Il y a des choses que le temps ne peut pas effacer. Ces mêmes choses de naguère s’entassant dans une sphère remplie de ces pensées amers flottant toujours dans la mer , la mer de naguère.

Ma vulgaire vie commença par une enfance baignée dans les tourments chaotiques de cette solitude douceâtre et point suave. Elle était de celles continuelles et sempiternelles berçante mes jours dans les bras de son néant absolu. Oui, je fus un enfant plein de vide.

Mon ami était un arbre planté dans la cour de l’école. Sa compagnie m’était agréable peut-être. En tout cas c’en était une et c’est tout. J’appréciais son  incapacité de me trahir, me juger, et me détester pour ce que je suis.

C’est toujours à cause de ce que je suis. Fi! Le moi est défectueux. Vilaine Humaine que je suis !

Devant l’abominable rejet de ces bambins, je le retrouvais immobile et inerte car inhumain. Mon cher ami était mon axe de rotation quand je tourne et tourne dans l’attente silencieuse d’une jouissance quelconque.

Quand la lassitude s’empare de moi , je m’assois sur le banc de la cour, seule, et songeuse. Le lendemain se produisait la même chose encore et encore.

On peut comprendre maintenant pourquoi. Pourquoi je crains l’abandon comme je crains la mort. Pas une fois pas deux j’ai réalisé qu’ils appartenaient au même domaine de définition.

Charles

Publié par : arciense le : 28 novembre 2009

Les yeux rouges de l’enfant pétrifié restèrent posés pendant un long moment sur le cadavre frais de sa mère terrassée . Je ne pense pas que le tableau sadique qui s’offrait à ses perceptions s’effacera un jour. Car la laideur monstrueuse du spectacle ne ressemblait guère à celle artificiellement peinte dans les écrans de télévision, elle était beaucoup plus réelle, plus crue et plus triviale.
L’immobilisation de l’enfant ne se lassait pas pendant que les minutes passaient, que les pupilles se dilataient et enregistraient les détails insignifiants d’un corps mort. Maudit sort !

Sa poitrine s’oppressa soudainement pour cracher un torrent de larmes. Des gémissements ténus se succédèrent pour s’aggraver, étouffés par une main veinée.

La démence qui pimentait le spleen venimeux d’un cœur putréfié ne manqua pas de le mettre à terre. Charles s’allongea auprès de la morte, une respiration saccadée dans les étreintes sauvages d’un amour filial assourdissait les murs mous.

En un geste prompt, il gifla violemment le visage livide de la défunte et cria “Reveille toi! Tu ne me laissera pas seul. Tu ne me quittera pas. Tu m’avais promis. C’est impossible. C’est impossible”
Dans ces paroles gisait la parfaite certitude que sa mère était partie pour toujours.

De sa vie Charles ne se sentit aussi seul.
Oui c’est dans ces moments que les mortels se tournent vers le vénéré, l’unique créateur.

Il marmonna:
” Peut-être que là-bas, dans quelque cieux, tu m’entends mon Dieu.
Me voici, implorant ta merci. Qu’elle aille au Paradis je t’en supplie . Qu’elle ne brûle pas dans les flammes de l’enfer, je t’en supplie. “
Une larme chaude coula lentement sur sa joue hâve puis il répéta , épuisé : ” Je t’en supplie.”

Raskolnikov

Publié par : arciense le : 27 novembre 2009

Le brouillard de pensées germantes et enchevêtrées abîmait Raskolnikov. J’ai l’impression que sa vie entière était effacée par ces dernières. Toujours continues, nombreuses et noires. Il est étrange, et tout assassin doit l’être, je pense. C’est ce qui nourrit l’œuvre, cet inattendu jamais décevant de la bizarrerie à laquelle peut confiner le genre humain.

Voici comme je conçois la chose :
L’injustice nait de l’injustice.
La misère ne connait point de pitié. Le pauvre respire sa cruauté à pleins poumons quand celle ci exhale ses parfums les plus toxiques. La chose est faite. Il tue. Avec une hache ! Figurez-vous. Avec une hache il détruira le crâne de la pauvre vieille et tuera Élisabeth la fragile innocente dont la vie ne coûte pas un sou pour lui.

Il traite son acte de maladresse. Mon dieu quelle bassesse !

Après vient la justification frivole. Il est question de thèse philosophique d’après laquelle les Hommes se divisent en des Hommes normaux et d’autres extraordinaires. Ces derniers ont le droit d’imposer leurs extravagances démentes.

Il se croira supérieur – trompé par l’outrecuidance et l’orgueil démesurées – puis commettra le Crime. Quand viendra le châtiment et que Raskolnikov se noiera malgré lui dans le marécage visqueux de son passé, il saura la vérité.

Ô mon vieux !  Spécial, tu ne l’es guère. Ne sont que poussières maintenant tes idées antédiluviennes. Combien âcre est l’échec !
Lâche assassin lécha les regrets et lâcha la vérité.

Abjecte chose qu’est l’assassinat !

Zineb El Boukili

Publié par : arciense le : 22 novembre 2009

Cher lecteur, je m’appelle Zineb El Boukili.
Vous trouverez dans les lignes ma vie, mes pensées, et mes sensibilités. Vous trouverez tout mon intérieur. Je n’écris pas pour impressionner ni pour mentir. Ecrire est un plaisir.

J’allie mes efforts pour vous lier à moi. Lisez ! Que vos poils se dressent d’émoi! Et que soient abolies les logiques et les lois.

Tout commença avec Victor Hugo. Ma première vraie motivation à l’écriture.

Dans le dernier jour d’un condamné je lis :
” Et que trouverai-je dans ce cerveau flétri et vide qui vaille la peine d’être écrit? Pourquoi non? Si tout , autour de moi, est monotone et décoloré, n’y a-t-il pas en moi une tempête, une lutte, une tragédie? Cette idée fixe qui me possède ne se présente-t-elle pas à moi à chaque heure, à chaque instant, sous une nouvelle forme, toujours plus hideuse et plus ensanglantée à mesure que le temps approche? Pourquoi n’essayerais-je pas de me dire à moi-même tout ce que j’éprouve de violent et d’inconnu dans la situation abandonnée ou me voilà ? Certes, la matière est riche , et, si abrégée que soit ma vie, il y aura bien encore dans les angoisses, dans les terreurs, dans les tortures qui la rempliront, de cette heure à la dernière, de quoi user cette plume et tarir cet encrier. — D’ailleurs ces angoisses, le seul moyen d’en moins souffrir , c’est le les observer, et les peindre m’en distraira. “

L’un de mes sens encore inconnu effleure cette chose à chaque fois livrée dans son livre où dans le mien pour toujours à cette exaltation rare, celle capable de purger la morosité de mes jours prompts. Quoique insaisissable, je ressens l’existence de cette chose.

Tout nait de l’envie.
L’envie déchirante de noircir les papiers avec les mots des maux.

Le besoin insiste et persiste.
Le besoin d’user de la plume pour cuisiner les feux du mielleux.

La rage plante la faim.
Ensuite, je vomis la répugnance vérité du vécu laid et salis le blanc du lait avec mon encre abject.

Le désir m’obnubile.
Le désir de me débattre dans les massives entités de mes reflexions exagérantes, exagérées.
Car ici, je me permets tout, absolument tout.

Pourquoi écrire? Pour respirer la liberté et ne point connaître de limites.

Ecrire pour être moi, tout simplement moi.

Possible

Publié par : arciense le : 21 novembre 2009

Pourquoi participer aux olympiades de mathématiques sachant que je ne serai pas parmi les sélectionnés ?
Je ne réussirai pas et l’échec m’anéantira aujourd’hui ou plus tard. L’achèvement est inévitable car le certain ne ment pas, ce néanmoins, les mots de Melani me reviennent.
Quelle que soit la petitesse d’un “mais” devant l’inéluctabilité de la stipulation, l’espoir – d’une lueur minable, faible et agonisante- est là. Donc je continue.

La phrase de Mélanie est raisonnable, et dans sa raison elle puise sa puissance: L’humain vit sachant que le péril viendra, alors je vis ce qui finira avant qu’il n’en reste que des cendres grisâtres.

Alors pourquoi pas, moi, humaine aussi ne me donnerai-je pas une chance?

Les mathématiques ne me ramènent guère d’ennui.
Mon intelligence a des limites mais la frôlure d’une gloire est…possible
Car vois-tu, si la guerre est sanglante, l’euphorie de la victoire est intense. Et la réussite fait l’extase engourdissant dont jouit mon être.

Je me retrouve devant l’écran de cette machine, à écouter les violences vocales de Miley Cyrus et à lire les magnificences juteuses de Cyclomithicly collées blanc sur noir. J’ai faim et ne veux pas manger. Mon coeur heurte le thorax frénétiquement.

Dans une minute débutera l’examen et je ne réussirai pas. However, il y a une possibilité.

Natasha

Publié par : arciense le : 13 novembre 2009

Le vide est beaucoup plus plein que ce que je ne pensais. Plein de ce rien qui va et vient dans les souterrains de mes espoirs fissurés mais pas brisées par les notes frêles et grêles de cette musique blême.

Celle qui se promène dans un néant sourd et y éparpille ses mélodies suffoquées. Quand mes esprits frôlent timidement la symphonie craignant les brûlures de ses flammes ardentes, je vis.

Goûter à la musique et écouter de la musique n’ont pas la même masse “M” parce que M1 C M2. Les murs du cœur doivent jongler avec les échos des mélodies avant que l’audition y ait accès. Une chanson peut déclencher en moi ce que nulle autre peut provoquer.

Tous mes sens curieux partent à la conquête des sens glissés entre les lignes.

“Unwritten” gonfle mes ambitions juvéniles avec un gaz optimiste et met le feu aux regards pusillanimes. Car avec Natasha Bedingfield, la guitare n’est pas classique, et les courts-circuits sont des assassins. Fredonner? Non.

Que les notes me dévorent, et m’écrasent entre leurs mâchoires si c’est le prix à payer ! Aucune seconde ne s’échappa au démon de la musique qui, usant de quelque sortilège maléfique, planta en moi ses lubies et mouva mon corps fou.

Une envie de faire l’impossible, de déshabiller les craintes les plus tenaces se traduit autant par la musicalité que par les paroles.

D.S

Publié par : arciense le : 11 novembre 2009

Le Mercredi 11 Novembre 2009
Je calculais Δ (Delta) d’une équation lassante à 9 heures 50 minutes quand la fille rappela :”Le devoir surveillé de Physique est dans 10 minutes
Ses mots flottèrent dans l’air et frappèrent à la porte de la guerre.
Qu’importe de trouver la solution. Le stylo me glissa entre les mains et tomba embrassant le sol.

Les nœuds de mes entrailles entremêlés se dédoublaient, pour que la douleur abdominale que génère leur bataille se multiplie par k.

Qu’allais-je faire? Que devrais-je faire? Que puis-je faire?
Ne point comprendre. Ne point lutter.

Atterrée, mon rôle était de regarder les yeux bien ouverts et les mains bien croisées une contenance se diviser par k pour s’anéantir inéluctablement.

Les relations physiques que couvait ma cervelle se déchaînaient, assassinaient la logique bien tracée et dansaient autour de sa tombe avec ferveur, fourvoyant librement les calculs.

La rage que générait leur désinvolture criminelle en moi ressemblait à celle des rois trébuchants dont le trône s’envolait et dont la fin devait être couronnée par la guillotine du 21 Janvier 1793.

L’effroi n’a guère froid aux yeux et joua de moi comme on joue d’une marionnette. Aussitôt, la pauvre poupée fut dévorée toute crue par l’horreur accrue.

L’heure du devoir surveillé a sonné.

Ricky Underwood

Publié par : arciense le : 7 novembre 2009

Les yeux de Ricky rougirent sous l’effet immédiat de la question

- ” Je ne veux pas en parler, c’est personnel ” répondit-il , en élevant le ton.

- “ Plus personnel que ce qu’on vient de faire?” rétorqua la fille, plongeant son regard dans le sien.

- “ Oui , beaucoup plus personnel que ça ! ” cria-t- il , quand la salive jaillissait de sa bouche.

- ” Parle-moi. Ne t’en va pas. Parle moi, je t’en supplie, tu peux tout me dire!” le sollicitait Andrea.

- “ Non, je ne peux pas. ” se contenta -t-il de répondre, les yeux mouillés.

- ” Tu peux si tu le veux , tu me connais bien Ricky , tu sais que je ne le dirais à personne“.

- “Non, je ne te connais pas , et tu ne sais rien sur moi ! ” maugréa sa bouche grimaçante.

- ” Je veux te connaître. ” lança-elle gravement.

Ces mots mirent le pauvre garçon hors de lui-même, il était prêt maintenant à libérer le cumul moisissant qui l’habitait depuis longtemps.

Es-tu bien sur que tu veux me connaitre? Tu saura tout alors.” marmonna sa voix rauque.

Il s’interrompit puis hurla brusquement: “Tu saura tout !

Ricky Underwood était sur le point de dévoiler l’un de ses secrets les plus intimes, les plus “darks” et les plus scabreux.

La vrai raison pour laquelle je vis ici n’est pas parce que mon père nous battait ma mère et moi. Oh non, ce n’est pas parce que mes parents étaient des dépendants de drogue” dit-il narquoisement

C’est parce que mon père ! Oui, mon propre père après s’être empoisonné dans ses nuages de cannabis pénétrait la nuit ma chambre pour m’apprendre une petite leçon

Le garçon voyait rouge, les souvenirs lui revenaient pour l’étrangler.

Il lâcha ” Oui! Il appelait cela une petite leçon. Il fallait comprendre disait-il, comprendre combien difficile il était d’être un homme dans ce monde

Les âpretés de naguère dormaient paisiblement si longtemps dans son esprit meurtri. Maintenant, il fallait qu’elles se réveillent pour le posséder.

Ricky hors de lui même commença :

Il m’abusait Andrea ! Chaque nuit, je priais Dieu qu’il ne vienne pas me donner ses petites leçons. Les nuits se succédaient et les leçons me brisaient.”

La mémoire de Ricky lui jetait les images qu’il avait pensé avoir oublié. Des images pleines de peine dévorante. Il acheva d’une voix à peine audible :

Quand je ne pouvais plus supporter, quand la mort et la vie parurent semblables a mes yeux. Je le dénonçai et  l’homme entra en prison.

La fille  décontenancée  ne sût quoi dire. Elle finit par balbutier dans les larmes: “Je suis désolée


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