Zineb El Boukili

Run

Run before I die

Run till the sun goes down

Run till the sun is up

Run till my feet burn down

Run till the cold is warm

Run till the world is flat

Run till I die

Waiting

Waiting for the next train to pick me

For the next rain to wash me

For the next tear to tear me

And for the last scream to destroy me

Qui suis-je ?

 

Les indéfinissables tourments d’une seule et unique pensée, irrévocablement accrochée à mes perceptions, voltigent. Ils me paraissent de plus en plus peineux et soigneusement douceâtres.

L’obsession qui, sans discontinuer, me possède et me hante fit naitre en moi ce sentiment de n’appartenir à rien, de ne rien vouloir, d’être ce rien. Plus facile serait de définir le moi dans le néant quand il existe tant de questions, de trous, de picotements, d’égratignures.

Quand ces petites blessures me submergent, que je me sens noyée dans un endroit sombre, les pieds flageolants et les entrailles crispées comme le soupir d’un silence, comme la larme d’un sourire, l’affliction me brise.

Ce va et vient inutile, sordidement cru et entièrement gravé dans mon existence a exterminé le présent, le plaisir, la joie, la haine, la colère. Il m’a exterminée. Le désir de trouver des réponses s’accroit au fil des questions. Celle qui m’étreigne jusqu’à me suffoquer ne connait point de clémence :  Qui suis-je ?

Blind

Love is thrilling and beautiful. It’s colorful and shiny.

Until it hurts.

Then, it is starting to be conceptualized as it is and not as it seems to be.

Love starts to be the biggest paradox in your life.

Vivre

Parfois, l’acte de vivre consiste à résister à l’envie de mourir

Politesse sordide

Un regard échappé, une parole déplacée. Une dose de rejet obséquieux se lit dans les mots, les rictus, et les courtoisies jamais terminées, jamais authentiques.

Dans la perduration de ce languissement refoulé et ignoré de façon narquoise et sagement véhémente, je compte les fois ou le moment fut parfait, ou la simplicité réunissait nos sourires puérilement jetés tels des dés de Mallarmé, et ou j’espérais voir encore plus d’épigrammes.

Rien. Des pensées vindicatives fructifient dans des regrets déments, des vitupérations adressées à des réminiscences chapitrées par l’humiliation, par l’offense.

Seul l’oubli condense les temps et les meurtrissures, et les pétrifie dans la tombe du passé

La lave du déchirement

Quand je regarde en face cet être que je deviens, petit à petit, sans le savoir,  le concevoir, ou même l’admettre, c’est un sentiment de déchirement qui me pénètre.

Je suis vide, brisée. Mon esprit tourne autour de lui-même dans cette cadence fantomatique, basique, seule, unique, et vraie. Je ne me suis jamais autant détachée de ce que je suis j’étais.

Je me suis entourée d’épines venimeuses. Chaque chose que je touche, regarde, sens ou inhale prend un aspect réel, jamais ressenti auparavant. Je n’ai jamais été aussi réelle, aussi réellement, dûment, et authentiquement présente dans cette conceptualisation humaine, mais un tantinet ridicule qu’on se tient du monde, si solidement de cet autrui, de l’existence, et de soi-même.

Je me demande parfois si les cafards sont les seuls êtres vivants à avoir de l’affection pour la personne qu’il m’arrive d’être, et que je continue d’être, de façon obtuse, navrée, dubitative, et humiliée.

Et si les choses étaient moins compliquées que cela?

La mort de ces enchevêtrements haïs de partout, mais chéris par mes curiosités veinées et accablées de ne pas savoir devant mes yeux est un sépulture dont je fais toujours le baptême, inconsciemment.

Aujourd’hui, tout ce que je sais, c’est que je ne sais pas.

Il n’y a absolument aucune possibilité de m’effondrer devant le monde, pour qu’il ressente une pitié forcée, obnubilée par les démonstrations affectives, affairées, hâtives et irréelles. Je me tiens debout devant mon propre miroir, éclaboussant toutes ces peines en larmes, en cris fortement silencieux, et que seules mes prières peuvent habilement transmettre.

Seule, c’est le seul mot que je trouve à dire, le mot le plus merveilleusement pathétique qui puisse dépeindre de façon majestueusement et luxueusement décente cette agonie que je me trouve cracher hasardeusement aujourd’hui avec un stylo, des larmes, des mélodies, des prières et des idées. Celles qui introduisent en toi le venin le plus dangereux.

L’opium de la vie haletante et vainement engloutie, de façon nonchalante.

Dans le désespoir le plus déchu, je m’abandonne aujourd’hui à la vérité, mettant fin à tous les fantasmes, les beautés voilées, crevées et magistralement dissimulées sous un sourire, une chanson, une parole ou un regard.

Je dis aujourd’hui, je ne suis point aimé. Ce sera mon adagio

La Soie Brûlée

Aujourd’hui, comme pour la dernière fois,
J’exhume le parfum de ton regard ici bas
Enveloppant les mers et les cieux de mon émoi
Quand cette vague de passé passe en moi
Puis dans un souffle tranche mes entrailles las
De fusionnellement t’aimer comme un vieux soldat
Cette pensée qui pérille mes espoirs en un fracas
Enflamme en un soupir mes la soie de mon foi
Les douleurs du regret en rongent ce qui en resta

Désinvolture

Le sentiment que j’ai aujourd’hui est encore une fois quelque chose de très abstrait.

Ce que je viens de dire est très stupide parce que tous les sentiments sont abstraits. Non, je veux dire, cette envie soudaine d’écrire, et qui surgit de nulle part comme ça, du néant. Est inconcevable. C’est quelque chose qui dépasse ce que je peux contrôler.

Je suis une bachelière, toutes mes minutes sont comptées. Non, je voulais dire que chaque seconde est comptée. Il n’y a aucune miette à perdre. Sinon, je suis cuite.

Et malgré ça, je viens avec ma main et ce Bic écrire quelques médiocrités absorbées par le rien que je suis actuellement.

De ce que je suis réellement. Et si ce projet ne marche pas? Je veux dire : Et si personne n’est intéressé par ce que j’écris? Fichtre encore une fois. Je veux  pour une fois ne pas écrire aux autres ce qu’ils veulent entendre. Ce que je veux, écrire ce que je veux.

On nous a toujours limités à un sujet bien précis dans nos productions écrites à l’école, voire à un nombre de lignes précis. Mais pourquoi? Pourquoi ne diraient-ils pas tout simplement dans la consigne : Ecris. Tout ce que tu veux : un poème, un texte narratif, argumentatif, descriptif, une dissertation, n’importe ce que tu veux. Parce que écrire, c’est plutôt lié à un état d’esprit précis, qui diffère d’une personne à une autre. Ecrire, c’est une question de ressentir ce que l’on veut exprimer avant de le recracher de la manière de la plus esthétique et la plus communicative qui puisse exister.

Là, maintenant, je viens de faire un hors-sujet. Pourquoi? Parce que je me disais que j’allais parler d’autres choses, et me voilà ici contant mille et une histoires.

Là, maintenant, j’ai vécu le seul et unique Bonheur d’écrire. Sans réfléchir aux conséquences, aux maladresses, aux médiocrités, au style. J’ai écrit.

Révélation

Cette pensée que le beau reste à venir

Elle te soulage peut-être

Mais elle te prend la vie

Parce que tu vivras dans l’attente

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